Lotus et son avenir : tourner la page

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Les projets des actuels propriétaires de la marque Lotus ne manquent pas d’ambitions mais il faudra également veiller à préserver le patrimoine de la marque chère à Colin Chapman.

Au cours de ses plus de 70 ans d’existence, l’histoire de Lotus a davantage été marquée par des épisodes de difficultés financières que par des périodes florissantes. Dans les années 90, avec l’Elise, la marque revient à ses fondamentaux : légèreté, châssis de très grande qualité, elle va permettre de développer la gamme que nous connaissons. (Texte: Dimitri Urbain)

Vision 80

Ainsi est nommé le plan de développement actuel de Lotus qui prévoit une extension des activités de la firme à l’horizon 2028, année du quatre-vingtième anniversaire de la marque. Depuis 2016, la marque appartient au chinois Geely, tout comme Volvo et LEVC, la firme qui assemble les fameux taxis londoniens. Dès le départ, les Asiatiques ont indiqué qu’un investissement de plus de 2 milliards d’Euros serait réalisé à Hethel afin de moderniser les installations : d’une part pour remplacer la gamme des sportives actuelles et, d’autre part, pour créer une gamme de SUVs sportifs à destination des marchés asiatiques. La crise sanitaire de 2020 aurait pu ruiner tous les espoirs de développement chez Lotus…fort heureusement, il n’en est rien. Les ventes ont même augmenté et le plan à long terme est bien maintenu. Les investissements étant réalisés par l’actionnaire principal plutôt que des revenus des ventes, la crise sanitaire n’a pas vraiment eu d’impact sur le travail mené.

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Tout comme la gamme actuelle qui repose sur un châssis commun, la nouvelle gamme sera déclinée en plusieurs versions. Depuis l’Elise en entrée de gamme, affichée vers les 60.000 €, jusqu’à la remplaçante spirituelle de l’Esprit, à un peu plus de 100.000 €. L’Evija électrique, à droite, sera tout en haut de la gamme.

Un regroupement des activités « aluminium » (châssis), actuellement réparties entre Worcester et Norfolk, prendra place sur un nouveau site de 12.300 m2  à Norwich, à 15 km de Hethel. Il fournira du travail à 125 personnes. De nouveaux concessionnaires sont choisis dans des endroits stratégiques, au rythme de 10 à 15 par an. Cette année, la production devrait atteindre les 2.000 exemplaires. Lotus s’est également engagé à faire en sorte que les ventes soient profitables pour les concessionnaires afin que ceux-ci puissent investir dans leur infrastructure et leur personnel sur le long terme. En plus des 670 nouveaux employés engagés depuis la reprise des activités par Geely, Lotus envisage le recrutement de 250 nouveaux collaborateurs, tant pour assembler les nouveaux modèles à Hethel que pour le bureau d’études récemment installé à Warwick.

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Un nouveau châssis en aluminium est actuellement en phase de développement. Toujours collé et riveté, il devrait être beaucoup plus rigide que l’actuel et les formes de ses flancs devraient faciliter l’accès à bord. Le futur châssis renforcera encore les caractéristiques d’agilité, de rigidité et de performances propres à la marque.

Nouvelle gamme

Après l’hypercar électrique Evija, Lotus prévoit désormais de remplacer toute la gamme actuelle et vient de confirmer la sortie d’une nouvelle voiture de sport, dont le numéro de code interne est Type 131, en 2021. Aucune date de sortie et de livraison n’a pour le moment été annoncée mais ce nouveau modèle serait un cran au-dessus de l’Evora actuelle. Ce nouveau modèle représente une nouvelle ère pour la marque : nouveaux équipements de production et qualité améliorée. Toujours motorisé par un V6 (d’origine Toyota Camry), associé à un dispositif d’hybridation, il serait le remplaçant spirituel de l’Esprit. Nul doute que l’expertise de Geely et de Volvo sera mise à contribution.

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Le style de l’Evija devrait également se retrouver sur la nouvelle gamme, afin de la rendre plus cohérente dès le départ. Nous sommes très loin des projets fous d’il y a 10 ans, à l’ère Bahar mais cette fois les fonds sont là pour assurer l’avenir de la marque.

La marque anglaise envisage d’ailleurs d’électrifier chaque nouvelle Lotus d’une façon ou d’une autre. Le rapprochement récent avec Alpine n’est certainement pas anodin. Ce nouveau modèle pourrait disposer de plus de 500 ch, tout en restant d’un poids contenu afin de préserver les caractéristiques traditionnelles de la marque. Cela ne sera plus une 2+2 mais une deux places, avec un bel espace pour les bagages. La rigidité devrait être plus grande que celle du châssis de l’Evora et l’accès à bord bien plus aisé. Une nouvelle plateforme rivetée et collée remplacera celle de l’Elise qui a maintenant 25 ans. L’objectif est d’attirer une nouvelle clientèle qui utilisera sa Lotus au quotidien, un peu à l’image de ce qu’il se passe chez Porsche. Lotus espère également aller marcher sur les platebandes de Ferrari, avec un prix aux alentours des 100.000 €. Ce premier modèle servira à développer des remplaçants pour l’Elise et l’Exige qui, elles seront affichées aux environs de 60.000 € en version de base. Aux côtés de l’Elise, apparue en 1996, l’Exige, sortie en 2000, est une voiture plus affûtée et destinée à un usage sur circuit. L’Evora, apparue en 2008, a permis à Lotus d’aller chasser un peu sur les terres de la 911. Lotus aura produit environ 55.000 exemplaires des Elise, Exige et Evora toutes versions confondues, d’ici la fin de l’année.

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Le futur SUV Lotus pourrait ressembler à ça. Flancs musclés, calandre aux formes typiques mais étirées, phares communs avec les sportives… A moins qu’en attendant, nous ne puissions disposer de XC 90 et XC 60 avec un châssis mis au point chez Lotus Engineering et badgés « handling by Lotus », comme l’Isuzu Piazza ?

SUV électrique

Dénommé « Lambda » en interne, ce SUV électrique est censé développer les ventes de la marque dans des proportions jamais atteintes jusqu’à présent. Il devrait se vendre en nombre sur les marchés chinois et nord- américain. La volonté de Geely est de passer du niveau actuel de ventes, 1500 voitures/ an, à environ 5000 et encore l’augmenter à l’avenir ! Disposant de 750 ch et annoncé avec une autonomie de 500 km, le SUV Lotus devrait voir le jour en 2022. Même si la capacité de production de l’usine d’Hethel atteint les 10.000 voitures/an, ce SUV devrait être produit ailleurs, très certainement dans l’usine Geely, de Wuhan, en Chine, qui a une capacité de 150.000 voitures/an. En fonction du succès de ce nouveau modèle, d’autres usines du groupe pourraient l’assembler ailleurs dans le monde (Gand, en Belgique ?). La base de ce SUV est une plateforme Geely dénommée « Sustainable Experience Architecture ». Et si ce SUV ne sera jamais aussi léger qu’une Elise, il est d’ores et déjà annoncé comme le plus léger de sa catégorie, afin de maintenir les qualités traditionnelles de la marque. Il utilisera la plateforme CMA de chez Volvo et Polestar. En 2025, une nouvelle plateforme Geely devrait augmenter la puissance et donner à ce SUV des performances du même niveau que celles de l’Evija.

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Les travaux vont bon train à Hethel pour pouvoir y assembler le futur SUV annoncé qui devrait porter la production à 5000 unités par an…

Lotus Engineering

Lotus Engineering va déménager et se rapprocher de l’Université de Warwick. Ainsi plus de problème entre des projets secrets étudiés pour des concurrents et Lotus, le constructeur. 130 ingénieurs vont travailler dans ce nouveau bureau d’études. Dans le cadre de la stratégie « Vision 80 », Lotus y a déjà investi plus de 100 millions d’€.

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