Vanwall renaît de ses cendres ! par Dimitri Urbain

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Tony Vanderwell s’était entouré des meilleurs spécialistes de l’époque pour développer sa formule 1. Le châssis est signé Colin Chapman tandis que l’aérodynamique a été soignée par Frank Costin. Bientôt, les moteurs allaient passer de l’avant à l’arrière, une révolution signée par un autre team Britannique : Cooper.

Vanwall ? Ce nom ne vous dit rien ? C’est le constructeur qui a remporté le premier championnat du monde de F1, en 1958. Six voitures identiques à celle ayant gagné cette année-là seront bientôt assemblées. Pourquoi six ? Tout simplement en mémoire des six courses que Vanwall a remportées cette année-là. (Texte: Dimitri Urbain)

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Le moteur est un double arbre à cames en tête de 2489 cm3 et 270 ch… une puissance modeste voire banale aujourd’hui, qui montre le chemin parcouru en quelques dizaines d’années !

Un peu d’histoire

Vanwall est la marque de Tony Vandervell, industriel britannique spécialisé dans la fabrication des coussinets de bielles. Passionné de compétition, il achète une Ferrari 125 en 1949. Ses mécaniciens la transforment en « Thinwall Special » (allusion à la spécialité de la société, les coussinets minces). L’idée est alors de l’utiliser comme banc d’essais pour tester la tenue des coussinets minces en compétition. A cette époque, Vandervell soutient le projet BRM, visant à développer une F1 100% britannique. Mécontent, Il s’en retire dès 1951 et décide de monter sa propre écurie. Trois autres « Thinwall Special » voient le jour jusqu’en 1953, basées sur des Ferrari de l’époque. Néanmoins, désireux de construire son propre moteur, il va chercher de l’expertise chez… Norton et Rolls Royce. A cette époque, la cylindrée en F1 est 2,5 litres. Une fois le moteur assemblé, il est monté dans un châssis provenant de chez Cooper. Cette première Vanwall (contraction de Vandervell et Thinwall) voit le jour en 1954. Confiée à Peter Collins, elle participe à quelques courses, sans succès. L’année suivante, l’équipe s’élargit. Collins est rejoint par Mike Hawthorn et Ken Wharton mais la victoire n’est toujours pas au rendez-vous. Pour 1956, Vandervell fait les choses en grand et s’entoure des plus grands spécialistes britanniques : Colin Chapman et Frank Costin (le frère de Mike, le « Cos » de Cosworth). pour le châssis et la carrosserie, Harry Weslake pour le moteur. Encore une fois, malheureusement, le bilan est bien maigre, avec une seule et unique victoire, sur le sol national. La saison suivante va être différente. Le jeune et talentueux Stirling Moss est rejoint par Tony Brooks. Vanwall s’impose au grand prix de Grande Bretagne et Moss remporte deux autres victoires. C’est la première fois qu’un constructeur Britannique remporte le grand prix de Grande Bretagne avec un pilote national, Stirling Moss.

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La saison 1958 est celle de l’apogée de la marque, Moss et Brooks s’adjugeant trois victoires chacun. Le titre des constructeurs est acquis mais pas celui des pilotes, Hawthorn battant Moss pour… un seul point ! Cette année voit aussi le troisième pilote, Lewis- Evans, décéder de brûlures lors du grand prix du Maroc. Vandervell en sera très affecté et sa santé déclinante lui font prendre la décision de tout arrêter en janvier 1959. Quelques voitures sont encore alignées mais le nom disparaît complètement de la compétition dès 1962. Après Cooper, Lotus et quelques autres feront briller les couleurs britanniques en F1 durant de nombreuses années. A ce jour, Vanwall est l’un des deux seuls constructeurs de F1 à avoir remporté le maximum des points au cours d’un championnat.

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La forme de l’arrière est censée favoriser la pénétration dans l’air… Bien née, la Vanwall s’est imposée quasiment d’emblée, en remportant le tout premier championnat des constructeurs de la F1, en 1958.

Des « continuation cars »

Vanwall Group, descendant de l’écurie des années cinquante, vient d’annoncer sa renaissance et dévoilé ses intentions de… construire six voitures en tous points identiques à celle ayant remporté le premier championnat F1 des constructeurs, en 1958. Cela devient une mode, après Jaguar, Aston Martin et aussi AC. Des 250 GTO « Continuation » bientôt à Maranello, qui sait ? Cinq voitures seront vendues tandis que la dernière sera intégrée au Vanwall Historic Racing Team. Chaque voiture sera assemblée à la main par la société Hall & Hall, spécialisée dans la restauration de véhicules de compétition historiques. La firme dispose de tous les plans et bleus nécessaires pour ce faire… Les voitures seront équipées d’un moteur Vanwall de 2489 cm3 qui délivre 270 ch, identique à celui de 1958. Chaque voiture sera vendue 1.830.000 € plus TVA ! La firme veut également utiliser l’ADN de la marque afin de développer d’autres véhicules, tant de compétition que de route, dans les années qui viennent.

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Instrumentation minimale voire minimaliste, position de conduite plutôt étriquée… il fallait une sacrée dose de courage aux pilotes de l’époque ! La sécurité n’était pas encore vraiment à l’ordre du jour lors de la conception d’une F1.

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